Quand la colère emporte tout...

Mis à jour : avr. 16

Ne nous voilons pas la face. Il est des moments dans la vie où surgit en nous cette force qui met tout à terre. On peut donner un nom à cette force : la colère. La colère est une émotion, et la fonction d'une émotion est d'alerter. Une émotion est un gyrophare à n'en pas douter. Le gyrophare s'allume comme l'émotion se voit sur le visage. Il suffit parfois de peu pour allumer le courant, et alors dans certains cas ce sera "tous aux abris".


Le sujet de ce billet n'est pas les émotions, mais plutôt la façon dont on peut percevoir et analyser une situation qui nous a totalement échappé. Un moment de colère est si vite passé quand on y réfléchit… Pourtant, il laisse souvent une trace, je pourrais même dire qu'il laisse toujours une trace quand il n'est pas conscientisé totalement. Autrement dit, un échange colérique entre deux personnes a des raisons, et une structure de déroulement. La bonne nouvelle, c'est qu'en comprenant ce qu'il y a avant et pendant un coup de colère, on peut agir sur l'après…


Le "Tu" tue

La plupart du temps, vous remarquerez qu'en cas de conflit le mot "TU" inonderait presque la discussion. "Tu as fait ceci !", "Tu n'as pas fais cela !", "Tu es responsable !", et parfois même :"Oui j'ai mes responsabilités, mais toi alors ? Tu n'en as pas ? Bien sûr que si tu en as !".


C'est s'en s'en rendre compte qu'on tue la discussion à coups de "TU", alors que finalement il suffit de simplement chercher à comprendre l'autre. Une des explications qui se cache derrière tout cela est contenue dans le triangle de Karpman. Je ne prétends pas développer ici un outil de compréhension déjà largement commenté sur le web. Je m'en tiendrais donc à l'essentiel.


Le triangle de Karpmann

Le triangle de Karpmann est composé d'une figure géométrique (triangle) représentant les interactions humaines. Chaque sommet du triangle est une position potentiellement adoptée par les personnes qui interagissent. Nous trouvons donc trois sommets sur un triangle, donc trois positions.

  1. La position du bourreau : le bourreau est clairement celui qui dit "Tu", l'accusateur, celui qui blesse, sans forcément (je le précise) le vouloir. Parfois cette position est inconsciente.Le bourreau est aussi appelé "persécuteur". 

  2. La position du sauveur : le sauveur veut aider l'autre. Cela peut paraître bien de prime abord, mais nous ne parlons pas ici de sauter à l'eau pour sauver quelqu'un de la noyade. Nous parlons du relationnel entre deux personnes. Le sauveur veut aider l'autre, mais cela le conduit bien souvent à prendre la destinée de l'autre en mains. Parfois même, il ne demande pas son avis à l'autre et décide à sa place.

  3. La position de la victime : la victime est tout d'abord la personne qui se place elle-même dans ce rôle. Il s'agit d'une personne qui se plaint de sa vie, de ses difficultés récurrentes, et qui n'a plus, ou ne trouve plus la force de changer ce qui doit l'être.

Notre triangle étant constitué, nous allons le mettre en mouvement. La victime attire le sauveur, car les deux vont de pair si j'ose dire. Ils trouvent pour l'un une situation à sauver, et pour l'autre une personne pour le sauver. Au début cela peut fonctionner, jusqu'au moment où le sauveur prend un peu trop de décisions, poussé par l'inaction de la victime. Il devient inconsciemment le bourreau de la victime. Il a changé de position sans s'en rendre compte puisque c'est bien la victime qui a engendré ce switch. Dans ce cas, la personne qui était le sauveur, avec le coeur sur la main est devenue le bourreau de la victime. Dans le même temps, et vu de l'autre côté, le sauveur est aussi devenu la victime de la victime, qui elle est devenue bourreau.


Victime : J'avais besoin d'aide et tu as profité de moi ! Tu fais tout à ma place, tu m'étouffes !

Bourreau : Tu n'as pas la force de bouger, tu restes là, immobile à rien faire. Heureusement que je fais les choses pour toi !

Victime devient bourreau : Tu es un pervers narcissique ! On prends pas la vie des gens comme ça ! Tu as pas le droit de faire des choses comme ça. (redevient victime) Ma vie est merdique, et c'est encore pire maintenant ! Tout ça est de ta faute ! (redevient bourreau)

Bourreau devient victime : Tu exagères tu crois pas ? C'est toi qui m'a demandé de l'aide, c'est toi qui va mal, pas moi. Tu me fais passer pour quoi là ? (devient Victime) Tu crois que j'avais besoin de ça, d'entendre tes jérémiades ?

Cet exemple d'échange extrême montre comment les positions du triangle de Karpman sont interchangeables. Sans cette conscience, elles changent toujours, et très rapidement. La position de bourreau est une position clé dans toute situation explosive, car elle n'est pas celle qui est communément assumée. Elle est une conséquence des deux autres, inévitable dans le sens où les deux autres sont dysfonctionnelles. Être un bourreau en conscience relève de la perversion narcissique, et quand j'emploi l'expression en conscience, je n'exclue pas non plus le fait que cela soit aussi, dans certains cas, pour partie inconscient.


Nous comprenons là que toute situation appelée à dégénérer va entrer dans ce triangle de karpman, et la société toute entière fonctionne sur ce principe. Cela est à réfléchir.


L'après

Je ne vais pas développer ici les voies à explorer pour comprendre comment ne pas entrer dans ce triangle. Cela ne peut être travaillé qu'en rendez-vous, car cela dépend du vécu de chacun. Ce n'est que par les situations que nous vivons personnellement qu'il est possible de poser des mots sur ce qu'il s'est produit, et sur la manière dont le triangle s'est mis en marche. Par contre je voudrais aborder ici un moyen mieux vivre l'après. Car il y a toujours un après, et peut-être que vous, lecteur, avez déjà vécu de nombreux après qui ont été peut être plus lourds à porter que l'instant de colère lui-même.

Quand la colère est passée, plusieurs suites sont envisageables :


  1. L'oubli : la douleur est telle qu'il nous faut l'oublier. On fait comme si rien ne s'était passé. On fait un câlin à son ou sa conjoint(e) et demain tout sera oublié.

  2. Le pardon : on pardonne à l'autre son excès de colère. La notre était logique, car finalement c'est lui qui a commencé.

  3. La revanche : on trouve quelque part logique de montrer sa colère, car on a raison. On est victime de la situation, et pour que l'autre comprenne il lui faut goûter à ce que nous ressentons. Il est bon de devenir le bourreau, pour qu'il comprenne que la victime souffre.

Allons-y direct : aucune de ces trois solutions n'est viable. Toutes laissent la place à une trace indélébile qui va se stocker dans l'inconscient, mais aussi dans les corps énergétiques des deux personnes. Cette énergie là resurgira, car elle est là. De n'avoir pas mis un terme à l'évènement précédent lui laissera le champ à un retour, inéluctable. C'est humblement que je vais poser maintenant une autre solution, qui peut-être pourra vous aider. Cette solution n'est pas magique, mais elle fonctionne. Partons du principe que l'éclat colérique est passé, et qu'il est resté au stade du quiproquo, chacun campé sur ses positions. Que pourriez-vous faire ?


Conscientiser ses émotions

Dans un premier temps observer en vous ce qui se produit. Que ressentez-vous ? Où le ressentez-vous ? Dans la poitrine ou dans le ventre ? Mentalement, que se passe t'il ? Des idées noires perdurent ? La colère est là !


La colère restera tant que vous la laisserez exister, n'en doutez pas.

Peut-être voudrez-vous alors la laisser partir. Pourtant, elle ne peut partir ainsi sans être confrontée à elle-même, et donc au mal qu'elle vous fait. Elle peut donc se transformer, en autre chose, pour vous faire croire qu'elle n'est plus là… La colère deviendra tristesse. Elle pourrait aussi se transformer en rage… Là est notre libre arbitre, le seul que nous puissions honnêtement reconnaître : décider à cet instant où nous observons la douleur en nous, ce que nous allons faire.


Une émotion se ressent dans le corps, et là est le conseil que je vous donne en premier lieu : observez cela. Vous aurez alors appris ce que vous dit votre corps, et vous pourrez le relier à une émotion en particulier. Ensuite, laissez un peu de temps passer pour que l'autre s'apaise, pendant que vous vous apaisez vous-même. Quand on agit sur une émotion, on la transforme en une autre, mais encore faut-il savoir laquelle et le faire en conscience… Or, la seule qui soit salvatrice en ce cas est la joie. Transformer la colère ou la tristesse en joie n'est pas chose aisée, surtout quand on est dans un conflit fermé avec l'autre. Rien ne peut être sans l'échange, et cet échange ne peut être autrement qu'apaisé.


L'étape suivante est la conscientisation des faits. Il n'y a pas de responsable à retenir, il y a juste des incompréhensions à comprendre. On peut être à l'origine des faits, et si on en a la conscience, alors on peut le dire. On peut aussi penser que c'est l'autre, mais si on se rappelle que le "TU" tue, alors on peut comprendre que le dire nous replongera dans le triangle. Si on ne comprends pas ce qui a allumé la mèche, alors on peut tenter de le chercher à deux. Naturellement, cela dépend aussi de l'autre. Si l'autre est fermé à l'extérieur car enfermé à l'intérieur de lui-même, rien ne sera possible. Il importe d'être conscient de cela, mais à ce stade, cela ne nous empêche pas de passer à l'action. On se doit le pardon, mutuellement parfois, en raison des liens qui nous relient depuis tout ce temps, mais surtout à soi-même. Car cette situation est tout autant de notre fait que de l'autre, puisque nous avons créé LA situation. Nous étions LA situation, tous les deux. Comment pardonner l'autre si on ne s'est pas pardonné soi-même ? On peut donc commencer par là, en Soi. À ce sujet, je voudrais ajouter qu'aborder le pardon avec l'autre, sans s'être pardonné soi-même, et sans avoir pardonné l'autre, est tout aussi bancale que demander pardon pour quelque chose que l'on a pas fait. Le pardon est un processus double :

Je me pardonne les faits - Je pardonne l'autre.

Question : avons-nous vraiment besoin de demander pardon ? Combien de fois les enfants se voient exiger de demander pardon sans qu'il ne leur soit jamais accordé (car non verbalisé) ? Demander pardon, n'est-ce pas un peu se placer dans la position du sauveur de la relation ? À moins que ce ne soit celle du bourreau de nous-même… Ou de la victime qui recherche son sauveur… Si l'on se sait fautif (et pas si on se sent fautif), présenter ses excuses serait préférable, et cela aura le même effet que demander le pardon. Cela se différencie par l'absence de toute attente. Nous sommes bien d'accord que ce développement ne tient que dans le cadre de ce qui est juste pour soi. Car il ne s'agit pas de tomber dans un relationnel sacrificiel, bien au contraire. Il n'est pas juste de demander à l'autre d'apaiser en nous, par le pardon, ce dont nous nous savons responsable. En présentant ses excuses, on prend sa réalité en mains, si j'ose dire. On pose un fait par soi-même, et cela est juste. Ainsi, si l'on ressent qu'il est juste pour nous de régler ce passif devenu trop lourd, alors il convient alors d'en parler, en vérité. En ce sens, si la vérité nous conduit à constater de façon indéniable que l'autre est responsable, et qu'il refuse de sortir lui même du triangle, alors rompre purement et simplement cette relation, sera tout aussi juste pour nous. Il n'y a personne d'autre à sauver que soi-même, par soi-même.


Par ailleurs, s'il est juste d'apaiser la situation, autant que cela soit pour construire autre chose qui puisse mieux fonctionner. Il n'y aurait, on peut le comprendre, aucune raison que les choses changent si on ne leur permet pas de changer… Avant toute communication faisant suite à une crise d'importance, oublier l'existence du mot qui tue "Tu", est un exercice de style qui j'en suis sûr va vous amuser ;-) Le mot "TU" est l'essence que l'on jette sur un feu en train de s'éteindre…

La discussion peut seulement consister à exprimer ce que l'on ressent, et surtout sa volonté d'instaurer un meilleur fonctionnement entre les deux personnes.

L'idée n'est pas d'avoir raison, mais d'être dans la raison.

Nous pouvons nous contenter de dire que ce qui vient de se passer nous a probablement mis dans un état qui n'est bon ni pour l'un, ni pour l'autre. Nous pouvons exprimer ce que ce nous ressentons en nous, ainsi que le rôle que l'on pense avoir joué. Enfin, et sans qu'il soit besoin de plus, affirmer que nous ne voulons plus de cela dans la relation et nous y tenir. Viendra alors le temps où nous aurons les bases de compréhension qui permettent d'expliquer ce qu'il se passe sur le plan de l'inconscient, et surtout de l'émotionnel. Quand nous aura appris, et compris, nous saurons ce qu'il faut faire et ne pas faire pour ne plus vivre ces situations. Là est une des raisons du coaching : comprendre les mécanismes humains, apprendre à se connaître. Trouver la paix en Soi offre à terme la magie de la vie, qui n'est autre que vivre en paix dans le Monde qui nous entoure, et avec le Monde qui nous entoure. C'est ce travail de recherche et de compréhension de Soi et des autres qui fait qu'un jour, il n'y a plus de résidus laissés par les émotions. Il n'y a plus d'accumulations de vagues successives comme à la surface d'un océan en pleine tempête. La vie devient comme un lac qui parfois s'agite pour revenir très vite dans le calme. S'ajoutent au coaching l'importance du soin énergétique, lequel aide incontestablement à éliminer les traces résiduelles des crises du passé. L'énergéticien retire, avec votre consciente volonté, tout ce qui n'a plus à être en vous, car vous l'avez compris.

La vie est un jeu d'enfants dont les adultes ont perdu le mode d'emploi en oubliant l'enfant qui est en eux.

Y a t'il des règles pour jouer à ce jeu ? Si oui, sont-elles des règles posées par la nature de l'homme, ou sont-elles celles imposées par l'homme à d'autres hommes ? À moins que la vie ne nous propose seulement un mode d'emploi dans lequel chacun est libre de référer s'imposer la vie des autres, ou disposer de la sienne.

*Le magnétisme, comme l'énergétique sont soumis à des prérequis sans lesquels l'efficacité est amoindrie. Ils ne dispensent pas, en outre, d'un suivi médical régulier.

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