*Le magnétisme, comme l'énergétique sont soumis à des prérequis sans lesquels l'efficacité est amoindrie. Ils ne dispensent pas, en outre, d'un suivi médical régulier.

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Faux Self

Que vous veniez ici ou alliez là-bas, cet article est peut-être là pour offrir un toit. Je souhaite aborder ici le faux-self, et je le traiterais dans la simplicité. Avant toute chose, il convient de faire les bonnes références, et notamment celle qui concerne Donald W. Winnicott. Il est celui qui a observé, étudié, puis finalement cartographié l'existence du vrai-self, et du faux-self. Nous lui devons une belle part des connaissances actuelles, et à bien y regarder, c'est bien souvent en raison de ce traître en soi-même que nous peinons grandement à atteindre un état de joie et de paix durable.


Nous vivons tous dans un monde fait de dualités, de contrariétés, où rien ne peut sembler facile jusqu'à ce qu’un jour soient comprises certaines règles élémentaires de la construction de l'enfant, et donc de nous tous. Alors qu'est-ce qui se cache derrière les deux termes de vrai-self et faux-self. Self signifie le Soi, qui nous sommes, et ce que nous sommes sont associés en ce terme. En vérité, il faut le préciser. Car qui peut imaginer être lui-même (ou elle-même) si ce qu'il est ne correspond pas à l'essence même de son intériorité ? Pour associer une image à cela, imaginons boire mojito sur mojito sous le seul prétexte que l'on participe à une soirée Mojito, alors qu'à la base on déteste ce breuvage…

Le Soi pur et nature, l'être initial, nous l'avons tous été, à notre naissance.

Aucun conditionnement, aucune attente pour soi en dehors des besoins vitaux et fondamentaux, dans lesquels figure en bonne place l'amour de la mère. On ne peut exclure non plus l'amour du père, qui plus tard jouera aussi sur la corde de la construction de l'enfant. Les besoins vitaux, c'est le biberon, c'est le change quotidien, mais c'est aussi le câlin. Les deux sont très rapidement associés, et on retrouvera plus tard dans un fort penchant au goût sucré, l'attachement de l'enfant à l'affection et au besoin d'attention.


Lors du développement de l'enfant, le vrai self de ce dernier l'appelle à adresser des demandes à la mère. Cela peut être le besoin du câlin, ou le besoin de la tétée. Winnicott conclut de ses études que deux cas se présentent :

  • Si la mère est "suffisamment" bonne dans son rapport à l'enfant, c'est à dire qu'elle pourvoit à ses besoins fondamentaux sans résistance et en l'instant, alors il peut développer son soi véritable en abandonnant peu à peu ses actions compulsionnelles et, selon le terme employé par Winnicott, son omnipotence.

  • Si la mère est défaillante, donc selon Winnicott "pas suffisamment" bonne, nous dirons réactive, aux besoins de l'enfant, alors ce dernier ressent de la frustration. Il n'y a aucune mentalisation à ce stade du développement, seulement une vivance qui exige une adaptation. Dans ce cadre précis, et finalement très courant, l'enfant vit ses pulsions comme étant destructrices. Pour éviter cela, il s'adapte très tôt pour se protéger et instaure avec la mère une relation de soumission.

Deux choses sont à poser ici. D'une part le fait qu'être défaillante en tant que mère n'appelle ici aucun jugement. Les conditionnements de la société, mais aussi les obligations qu'elle engendre expliquent pour partie cela. Il peut également y avoir de la part de la mère, un manque de structure et de connaissances dont l'amplitude peut être variable. D'autre part le fait que le faux-self est obligatoirement construit par l'enfant, comme un voile de protection dans un monde qui peut être source de conflits et de risques. Sans un minimum de faux self, il serait bien difficile de faire son chemin dans la société, ne serait-ce que pour avoir des relations sociales qui parfois demandent un minimum d'adaptation à l'autre. L'idée n'est donc pas ici de fustiger le faux-self, mais d'en faire comprendre les raisons originelles, et les conséquences sur la vie lorsqu'il est totalement hors de contrôle.


Tout démarre donc de la petite enfance selon Winnicott, et progressivement, en fonction de la vie et du développement de l'être, ce faux-self va plus ou moins prendre la place dans le mental, devenant de plus en plus instinctif, jusqu'à devenir manipulateur de l'être.


Un faux-self est capable d'inciter à répondre "Tout va bien et toi ?" à la question comment vas-tu ? Certes, rien d'extraordinaire dans cette réponse, à moins que dans la réalité rien n'aille bien, et qu'en conséquence on n’en ait strictement rien à faire de comment va l'autre personne.


Un faux-self est capable de driver des pans entiers de la vie, en exerçant par exemple un métier qui ne nous fait absolument pas vibrer, tout en étant convaincu que l'on est à sa place parce que cela plaît à nos parents. Il en va de même pour toute situation qui peut nous placer dans une position qui ne nous convient que pour la seule et unique raison qu'elle attire le regard et la bienveillance des autres, ou le respect. Le problème apparaît lorsque l'enfant intérieur se sent tellement enfermé qu'il implose littéralement. Un grand vide s'installe alors en ce soi qui ne se reconnait pas. En quête de reconnaissance du soi, la personne qui vit l'écrasante domination du faux self se tourne vers les autres, cherchant en eux la solution qui pourtant est en elle. Il suffirait de savoir ce que l'on veut, où on veut aller, et comment on veut y aller.


Problème : bien souvent, on ne sait pas ce que l'on veut, on n'a qu'une vague idée de là où on veut aller, et on sait encore moins comment y aller. D'où la question qui revient très souvent au moment de la prise de conscience : QUI SUIS-JE ?


Commence alors le processus que l'on dit de guérison, mais que je nommerais plutôt le processus de reconstruction. Cette étape de la vie mettra en lumière tout ce qu'a pu générer le faux-self d'une part, mais également toutes les blessures de l'âme, toutes les dépendances affectives, bref, tout ce qui au final s'avère douloureux et déstabilisant dans la vie. Ce processus est inévitable pour qui veut savoir qui il (elle) est. Autrement dit, atteindre un état d'être posément construit dans la joie, en sécurité émotionnelle, physique, intellectuelle ou spirituelle, implique de réapprendre la vie, autrement. Il s'agit en réalité de reconstruire son adulte devenu avec le temps défaillant, en réapprenant à son enfant intérieur ce qu'il n'a pas eu l'opportunité de découvrir. Il convient donc de s'offrir le droit de se rappeler que l'on a oublié qui on est, pour devenir ce qui était attendu des autres et de l'extérieur. Il ne s'agit pas de se replier, mais d'observer et d'échanger sur tous les aspects de la vie qui n'ont pas été compris. Ce travail n'est rien d'autre qu'une psychanalyse personnelle, menée à terme avec l'aide d'une tierce personne.


Parce que la connaissance de soi ne dépend finalement que de soi, c'est en soi que l'exploration se fait. L'échange permet de fixer la conscience sur les évidences, car rappelons-nous, les processus passés nous les ont fait oublier. Comment telle réaction verbalisée trahit l'évidente manipulation du faux-self est le chemin recherché. Je vois dans tout cela une histoire maintes fois relatée dans les écrits du passé. Qui n'a jamais entendu la maxime "mourir pour renaître" ? Descartes a écrit :

"Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans sa vie, se défaire de toutes opinions que l'on a reçues, et reconstruire à nouveau et dès le fondement, le système de ses connaissances."

Nous voyons bien que c'est bien en cette vie qu'est programmé ce retour à la vérité, et cela commence par l'abandon temporaire de ce que nous pensons être notre soi. Je dis temporairement, car au fil du temps, ce faux-self, ou faux-soi se verra de plus en plus mis en lumière, extirpé de l'ombre avec ses ombres, et dissout en une autre forme totalement sous contrôle. Plus ce travail de mise en lumière sera conduit dans l'humilité et le discernement, plus les succès enregistrés seront nombreux et rassurants. Seul l'ego peut nuire avec arrogance à la mise en lumière du faux-self. Le positif dans tout cela, c'est qu'en arrivant jusqu'à ce point de lecture là, vous avez montré la patience de la résilience. Ce n'est que pour avoir vécu ce chemin que je me permets aujourd'hui d'écrire ces mots. J'ajoute que les bonnes personnes m'ont été envoyées, par l'Univers diront certaines croyances, par mon âme selon les miennes. Un tel travail sur soi ne peut être mené à terme qu'avec la bonne personne, et sans jugement aucun, il est important de quitter en paix celle qui n'est pas la bonne. Elle n'aura été qu'une marche de l'escalier qui vous permet actuellement de grimper vers cette partie de vous si souvent oubliée. Merci à ces personnes qui m'ont si bien aidé, porteuses d'un véritable espoir pour l'humanité. Gardez la foi, toujours ! 



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