Les sens de la vie

Mis à jour : avr. 16

« Le sens de la vie est de trouver votre don.

Le but de la vie est de le partager. »

William Shakespeare


Qui n’a jamais ressenti cet embrasement de joie lorsqu’est tendue la main pour offrir le cadeau ? Joie d’offrir, qu’il s’agisse d’un don physique, reflet du désir de l’autre, ou d’un don de soi, réponse au besoin de l’autre, à chaque foie la même joie. Dans le même temps, comment ne pas admettre ou reconnaitre que ce don ne peut être joie sans notre pleine et entière adhésion ? La vie toute entière est un don, et ce qui la construit l’est tout autant. Le travail est lui-même un don, parfois chèrement acquis, pour qu’en soit reconnue la valeur de l’enseignement, qui ne nourrit finalement que le Moi, et pas le Soi. Le travail devenu métier, occupe une grande partie de notre vie. Sommeil excepté, il occupe la plus grande partie de notre vie. C’est en cela qu’il fait sens dans la vie, et c’est pour cela que certains disent « mon métier, c’est toute ma vie ». D’ailleurs, il est noble ce métier, et en ce sens il fait sens avec la citation de W. Shakespeare : le métier ne peut être autrement que partager, vu qu’il est inévitablement à destination de tierces personnes. Il n’est de métier plus noble que celui qui se partage à l’autre en nourrissant celui qui en est la Source.


Certains ont eu la grande joie de faire le métier qui fait sens à leur vie. Ils ont trouvé ce travail quotidien qui les nourrit dans leurs quatre consciences, physiquement en leur permettant de s’alimenter, émotionnellement en leur offrant au quotidien la joie de l’enfant, intellectuellement par le simple apaisement de ce dernier, et spirituellement car ils se sentent à leur juste place.


Certains de ces travailleurs ont eu à lutter pour faire ce métier qui ne correspondaient pas aux canons de l’armée bien pensante d’une société qui sait toujours mieux que ses enfants ce qu’il est bon pour eux de faire, à commencer par la contenter elle-même. Quand ce ne sont pas les parents eux-mêmes qui sont les premiers à savoir ce qu’il est bon que leur enfant apprenne, et qu’ils n’ont pas su apprendre d’eux-mêmes. Pourtant, il est tout aussi certain que l’enfant qui se projette dans un métier pour son avenir, le fait avec son coeur. On s’étonne et on ronchonne tellement à subir nos adolescents en pleine crise, poussés intérieurement à réaliser cette part de l’âme qui veut être artiste, alors que leur destinée contrôlée les pousse à devenir comptable, avocat, médecin, pourvu que cela brille et assure la pérennité financière. Oui, certains ont du lutter, jusqu’à être obligé de la délaisser, cette famille qui savait tout mieux que Soi. Peut être bien qu’à l’issu de « ça » la richesse financière n’a pas été au rendez-vous, mais la richesse a pris un autre visage : le véritable visage, le sens de sa vie.


Pour les autres qui n’ont eu la force de briser le silence de l’ingérence, cela fût bien plus rude. Il aura fallut des décennies d’études ou d’échecs, et en ce dernier cas, d’humiliations, pour parvenir à se placer dans une vie dont la seule assise est le devoir, et bien souvent, sans plus aucun pouvoir sur sa vie que celui de devoir faire ce qui nous est demandé. Le seul sens qu’il nous reste alors est de faire ce que l’on nous demande, sans que ne soit plus jamais nourri le Soi, autrement que dans la matérialité. Plus de souffle émotionnel, plus de paix intellectuelle, la mort pure et simple de toute spiritualité assumée. À compter de ce jour où l’on a entendu « au moins tu as un métier, alors garde-le ! », et bien on tente de le garder, et on s’en contente. On a relégué au placard la part de nous-mêmes qui appelait à atteindre le chemin de sa propre vie pour le parcourir durant cette vie. On a oublié l’idée d’être pompier ou danseur, pilote d’avion ou infirmier. On est devenu pyromane ou obèse, terre à terre ou pervers narcissique, et dans le meilleurs des cas rien de tout ça, mais triste. On ne partage plus aucune joie, car de joie il n’y a pas, à passer dans le sombre le plus clair de son temps, à faire un métier qui non content de nous nourrir à peine physiquement, ne nous nourrit pas du tout autrement.


George Hébert a dit que la vie est déjà à moitié passé lorsque nous comprenons enfin son sens.

Ce sens à la vie est peut être d’ÊTRE. Être Soi, enfin. Comment ? Aucune idée ! Être Soi, au-delà de toute idée fabriquée par un mental surchauffé, être Soi à l’intérieur, et tant pis pour les autres et leurs valeurs dont on éprouve plus que jamais le besoin de se détacher. W. Shakespeare nous donne une clé : trouver notre don. Il a bien souvent été trouvé, bien avant que l’on ai perdu la maîtrise de sa destinée, et c’était lorsque nous étions nous-mêmes : enfant. Si la mémoire fait défaut, pour avoir été coupée par nécessité, essayons tout de même, avec grande humilité, de regarder de quoi est constituée l’humanité.


Peut-être étiez-vous enfant passionné par la mécanique. Nous ne parlons pas ici de mécanique automobile, mais de mécanique. Peut-être que les formes en 3D qu’il vous fallait placer dans les trous de la bonne forme vous amusaient, au point que plus grand vous demandiez des jeux de construction ? Demandez-vous alors pourquoi l’adulte mécano passionné rêve de devenir un jour mécano pour une écurie de compétition ? Pour l’élévation… Parce que jamais l’humain ne veut cesser de s’élever, à des connaissances de plus en plus grandes, qu’il partage avec le Monde qui grandit par lui. Que peut-il y avoir alors de plus grand pour le mécanicien que la planète elle-même ? Je vous laisse réfléchir.


Peut-être étiez-vous enfant passionné par les fantômes. Nous ne parlons pas ici du fantôme Casper, bien qu’il ait tout à fait pu être l’initiateur de l’enfant. Nous parlons ici de ceux que vous entendiez, enfant. Peut-être qu’un jour la princesse est venue vous visiter, ou votre grand mère… Il aura sûrement fallu le pédopsychiatre et les sermons incessants de vos parents, les moqueries de vos amis, et finalement la vie, pour que vous cessiez de penser à ces moments passés en compagnie de ceux qui ne se voient pas et qui souvent ne demandaient qu’un passeur. Je vous laisse réfléchir.


Peut-être rêviez-vous enfant de devenir infirmier, ou infirmière. Vous jouiez à la poupée, habillée de sa robe blanche et de sa croix rouge. Peut-être avez-vous joué au docteur enfant, pour découvrir un corps dont vous seul aviez encore légitimité à l’accorder à un, ou une autre. Guérir le corps de l’autre était le début, jeux d’enfants innocents qui pourtant cachaient quelque chose de bien plus grand : aider l’autre. Peut-être que plus grand vous avez voulu devenir un peu plus, médecin, ou chirurgien, psychologue, ou psychiatre. Peut-être d’ailleurs êtes vous devenu psychothérapeute, à 40 ans, une fois que la crise existentielle vous a conduit à voir que vous ne vous étiez pas trompé enfant. Bien qu’il soit un peu tard pour les études de médecine vous saviez qu’il vous fallait guérir, et vous avez, ou peut être allez décider de l’être, ce guérisseur. Je vous laisse réfléchir.


Peut-être passiez-vous votre vie d’enfant à regarder les étoiles, pour peut-être les écouter vous parler. Vous saviez qu’elles avaient une force, une puissance, une raison d’être. Vous saviez que là où vous étiez, et nulle part ailleurs, peut-être, les planètes du système solaire posaient leurs énergies. Il est aussi possible que vous ayez été attirés par d’autres lieus du globe, attirés par les mégalithes, les constructions géantes, d’Egypte ou d’ailleurs. Fasciné sans comprendre, l’enfant que vous étiez se contentait de voir et d’apprendre à devenir ce pilier qui soutient ici-bas sur terre le poids de tout ce qui ne se voit pas. Je vous laisse réfléchir.


Peut-être avez-vous en mémoire ces heures passées devant les pupitres d’une école miniature. Vous étiez la maîtresse, « ils étaient » vos élèves. Poupées ou amis, il vous fallait enseigner. Tout était bon à enseigner : la cuisine, la peinture, l’habillement ou le maquillage. Vous portiez l’art d’apprendre aux autres, et il vous importait peu que cet enseignement là ne soit pas celui qui vous avez reçu plus tard. Peut être disiez-vous déjà des choses éclairées, mais vous n’étiez qu’un enfant de la bouche duquel ne sortent que des jolies choses candides, pour l’adulte que vous êtes un jour devenu. Ces choses que vous disiez n’étaient d’aucune utilité pour la matérialité. Je vous laisse réfléchir.


Peut-être avez-vous vu très tôt les dysfonctionnements de la société des grands. Je ne sais pas précisément, mais peut-être que vos parents qui se criaient dessus vous plongeaient dans un état d’incompréhension totale. Vous les aimiez profondément, ils vous disaient vous aimer, et pourtant eux se criaient dessus, avec une force et une énergie qui vous blessait au plus profond de vous-même. Plus tard, vous avez vu ce schéma se reproduire à plus grande échelle, entre les groupes, les collectifs, la société, l’humanité. Très tôt vous avez parlé et dit des choses très dérangeantes, et si ce n’est pas vous, d’autres l’ont fait. On en connait, des humoristes, des chanteurs, des artistes qui ont été ainsi, dotés très jeunes de consciences pleinement éveillées, devenus éveilleurs de conscience. Je vous laisse réfléchir.


Peut-être irez-vous chercher ce qui au-delà de la matérialité vous a nourrit enfant, à l’intérieur de vous, et jusqu’à un âge variable au-delà duquel vous avez lâché prise sur l’appel à ÊTRE. Vous êtes devenu alors ce que vos échecs à devenir vous ont laissé comme possibilité, dans un Monde déterminé à créer l’omnipotence de la matérialité. Les tensions actuelles nous montrent une part de ce besoin grandissant qu’ont des millions d’êtres humains à devenir ce qui permettra une vie meilleure : ÊTRE dans le sens de leur vie, et pour cela il leur faudra le permettre, individuellement d’abord, puis collectivement ensuite. Alors, et seulement alors se mettront en route et pour chacun, les sens de la vie dont la seule et unique direction possible est la joie de redonner à la matière la spiritualité qui lui a été retirée.


Source d’inspiration : Les familles d’âmes. Marie Lise Labonté - Éditions J’ai lu.

*Le magnétisme, comme l'énergétique sont soumis à des prérequis sans lesquels l'efficacité est amoindrie. Ils ne dispensent pas, en outre, d'un suivi médical régulier.

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