Le chemin -Chapitre III

Peu importe l'âge, qu'il soit de raison ou non. Le jour où la question s'impose, elle s'accroche, durablement. On ne peut s'empêcher de tenter d'y répondre, jour après jour. L'expérience s'accumule, elle aussi de façon inconsciente. Les preuves sont dans l'épreuve comme on dit. Ce que l'on est est un peu dans la façon dont nous réagissons aux épreuves. Ce QUE l'on est, qui est aussi QUI on est, est aussi dans ce que l'on fait, bien plus que dans ce que l'on dit. On arrive un jour au point du chemin où on ne voit plus les choses telles qu'on a pu les voir. Pourtant, elles ont changé dans le temps… Elles ont si souvent changé d'ailleurs que cela en devient fatiguant.


Fatigué(e) d'être secoué(e), fatigué(e) d'être toujours dans la mauvaise voie, fatigué(e) de ne jamais trouver la paix… à moins qu'on ne parvienne pas à la retenir lorsqu'elle vient à nous. Quoi qu'il en soit et qu'il en est, la réponse semble ne plus se trouver à l'extérieur. Les portes sont closes de toute manière, et peut-être est-il temps de regarder à l'intérieur. À l'intérieur, mais à l'intérieur de quoi ? Par quel bout faut-il prendre la chose ? Fatigué(e), épuisé(e) par les années passées et les échecs successifs, à chercher qui on est, ou ce qu'on est, ce qui est aujourd'hui dessiné est un désert sans limites et sans oasis.


Ne parlons plus du manque qui, quelle que soit la façon de s'en défaire est toujours là. Oublions le un instant. Restons plus simplement sur la dernière course, désespérée, vers la liberté. Si l'amour vrai ne peut être là, peut-être faut-il simplement chercher la joie ? Comment ? Comment aller vers la joie dans un Monde si triste ? Autrement dit : "Comment être en bonne santé dans un Monde malade (cit. Scylla) ?". L'eau du torrent ne se préoccupe pas des rochers qui lui barrent la route, elle passe là où elle peut passer, et comme elle, il faudra bien descendre dans la vallée en quête de sa vérité, pour rejoindre la mer.


L'unité, nombreux sont ceux à en avoir parlé, et si j'ai délibérément fait le choix de lui préférer le terme d'Unitaires pour l'espace que je vous offre sur mon site, c'est pour l'air du mot et ce qu'il évoque. Avant d'être unis sur la Terre, il nous est offert de l'être en nous-mêmes. Parce que la conscience qui est celle de l'incarnation est avant tout celle du corps, et du temps qu'il lui reste à vivre pour réaliser son âme. Le veda évoque la nature humaine selon trois principes que sont Vata (l'air), pitta (le feu) et kafha (l'eau). Ils sont appelés doshas et décrivent la nature de la personne. Le veda est la connaissance de la vie transmise au fil des millénaires par les sages, du côté de l'Inde et de l'Himalaya. La nature de l'être est ainsi décrite selon ces trois principes qui ne sont autres que trois des éléments alchimiques que nous connaissons en Occident, sous la terminologie des 4 éléments préalables et nécessaires pour que soit accueillie la vie. Nous remarquerons que ces trois principes semblent en oublier un, et cela est une particularité du Veda : l'élément Terre n'est pas un dosha. Ce n'est pas pour autant qu'il n'est pas reconnu comme étant présent, bien au contraire. Ce qui est décrit par les doshas est la nature humaine dans ce qu'elle est, dans le domaine du vivant. On distingue donc le dosha de naissance qui est le résultat de la combinaison des deux parents, et le dosha au moment de l'exploration qui est le résultat de la vie de la personne. Cette personne peut donc, à différents moments de sa vie, exprimer l'élément feu, à un autre moment l'élément air etc. Quel que soit l'énergie de son Dosha à un moment de sa vie, elle s'exprimera au travers du quatrième élément qui est le corps, et donc la Terre de l'âme. La Terre, et donc le corps étant le réceptacle des trois autres éléments (l'eau, l'air et le feu), il réagit en fonction, et en conséquence des différents déséquilibres énergétiques.


Être sur cette voie du "Soi", c'est apprendre à intégrer un très grand nombre de données jusqu'alors inconnues. Dans le passé nous avons regardé à l'extérieur, en devenant ce que l'extérieur attendait. Pour plaire, nous avons changé et mis en conformité ce qui pourtant n'avait pas vocation à l'ÊTRE. Puis nous sommes devenus, parfois le strict opposé de ce que nous avions été, conscient que quelque chose n'allait pas dans le passé. Nous avons ainsi changé de direction, et peut-être même de polarité, pour contre-balancer ce qui n'avais toujours rapporté que blessures et contrariétés. Nous avons ainsi fait pivoter le sens de l'expérimentation. En premier lieu nous avons vécu la dualité de l'être qui s'adapte à l'extérieur, et les conséquences qui ont été engendrées. Par la suite, peut être avons-nous vécu la dualité de l'être qui impose à l'extérieur de s'adapter à lui (ou elle), qui s'était préalablement adapté(e) à la nouvelle image qu'il avait de lui-même. Dans les deux cas, la dualité nous a ramené, encore et toujours aux trois mots suivants : QUI SUIS-JE ? Je rappelle ici que QUI est indissociable de QUE, qui suis-je étant indissociable de ce que je suis. Ce que je suis est ce que je fais, qui je suis est ce que je pense et ressens. L'un est Yang, et ne peut qu'être le résultat de l'autre, qui est yin. Il ne peut y avoir d'équilibre sans les deux.


L'expérience de la vie nous conduit à ressentir émotionnellement la réalité, pour la traduire en vérité pour soi. L'intérieur de nous est le Soi, et il est caché, intime, vrai. L'apparence donnée au reste du Monde, et que la plupart des humains utilisent pour se définir (le métier, la situation amoureuse, le niveau social) est le Moi. Le Soi se cache dans le coeur, le Moi dans le mental. L'un respire l'enfant, l'autre l'ego. Souvent l'ego est là, et sa fonction est juste. L'ego protège, pose les barrières, le cadre et les limites, pour sécuriser le Soi. Quand on devient l'autre, pour lui avoir tout donné à l'exception de nous-mêmes, c'est en raison d'un ego défaillant, d'une absence de barrières et de limites. Le Soi est dissout dans le Moi, et au final revient nous hanter la question que nous connaissons. Parfois l'ego se construit sur ses propres défaillances, et sans réelles connaissances de ce qu'il est et du Monde qui l'entoure (ou qu'il entoure), il peut devenir dominant ou dominé. Le verbe de l'être exprimera sans peine l'état de son ego, et il n'y a point de jugement à porter tant que la conscience intellectuelle n'est pas totalement engagée. "Je sais", "Je le savais", "Bien sûr", "Évidemment", "est-ce que tu me comprends ?", "Fais-moi confiance", "Je suis nul(le)", "J'ai envie de disparaître" ou "s'ils pouvaient tous disparaître" sont autant de signifiants des blessures d'une âme qui se cherche indéfiniment. L'humain qui n'a su devenir adulte avec son enfant n'est finalement resté qu'un enfant, qui peut très bien devenir inhumain envers lui-même.


S'il est une puissance qui, ici sur Terre, pousse au déséquilibre, c'est bien l'énergie humaine. Cela est vrai de la plus petite échelle (le microcosme) à la plus grande échelle (le macrocosme). C'est bien d'une multitude d'humains qu'est constitué le collectif appelé l'humanité. Partant de cette réalité, ajoutons que le déséquilibre en soi contribue au déséquilibre du moi. Par effet papillon, l'individu (1) déséquilibré en lui ne peut que déséquilibrer le binôme qu'il crée avec l'autre (2). Il ne peut rien naitre d'autre que du déséquilibre, et de la douleur, lorsque deux êtres ne savent être unitaires, car unis en eux-mêmes. C'est ainsi que par effet domino, deux uns qui s'unissent dans le déséquilibre intérieur ne font que créer un déséquilibre extérieur, et nous voyons l'humanité soumise en ce moment à des épreuves qui résonnent fortement avec les difficultés individuelles actuelles.


Il n'est donc pas rare de constater que chez celui (ou celle) qui tente de répondre à la question QUI SUIS-JE ? réside au-delà du Moi un Soi secret qui souffre pour l'humanité. Il n'est pas rare de voir des personnes en quête de leur intériorité, nourrir des espoirs profonds de changements pour l'humanité, mais aussi pour la nature, pour la planète, et ainsi de suite pour les choses qui dépassent le relationnel humain. En s'explorant lui-même, l'homme (ou la femme) part en quête du microcosme. L'être tente de se découvrir, en pelant l'oignon qui le compose, couche après couche. Il découvre avec le temps ce qu'il (elle) est réellement, incluant le physique, l'émotionnel, le mental intellectuel et l'esprit (l'âme). Plus l'hiver de la nuit noire a été long et froid, plus la peau de l'oignon est épaisse. J'utilise cette analogie pour montrer du doigt le fait que plus les souffrances ont été longues et nombreuses, plus elles sont nombreuses à retirer. Cela suscitera chez l'individu qui se cherche un nombre d'étapes à franchir qui le conduiront de l'extérieur (des nombreuses peaux de l'oignon) vers l'intérieur de lui-même (le coeur de l'oignon). Sur ce chemin vers l'intériorité, la force énergétique sera fluctuante, et les perceptions deviendront de plus en plus forte, tout comme la force qui s'émane de l'oignon s'accroit avec le nombre de couches retirées. La conscience collective deviendra une force connectée qui va influencer l'être tout au long de son parcours, la plupart du temps inconsciemment. Cette conscience collective est cette puissance énergétique planétaire, directement reliée à l'énergie terrestre. La quête de l'amour progresse lentement, quittant l'extérieur, parfois trop fortement, pour s'orienter de plus en plus vers l'amour de soi. L'exploration est incertaine, et la cartographie est unique car chaque vécu est différent. Des forces subtiles viendront aider à trouver soi-même sa propre vérité, et d'autres plus réelles viendront aider à intégrer mentalement ces nouvelles données.


Quittons un instant notre oignon qui fait pleurer les yeux, comme nos émotions de tristesse, pour nous comparer maintenant à un arbre, qui grandit. L'arbre qui grandit se renforce toute sa vie, augmentant le diamètre de son tronc. Plus il cherche à s'élever, plus il a besoin de renforcer sa base, son ancrage. On peut aisément compter son âge lorsque sa fin est venue, en coupant une tranche de bois. À chaque année un anneau. Le coeur de l'arbre qui remonte à sa naissance est contenue au coeur des anneaux. La distance qui sépare le coeur de l'écorce, c'est la vie de l'aube, et son histoire, ainsi que celle de l'humanité, ou de la planète Terre. Beaucoup d'humains sont poussés en ce moment même à aller voir, à ressentir la sève qui coule au coeur du corps, dans le sang et dans le coeur. Cela signifie qu'il est nécessaire de remonter sa vie, étape après étape, couche après couche, pour travailler dans nos quatre consciences, par le corps et les stigmates que les énergies anciennes ont laissé, par l'émotionnel, en comprenant comment elles agissent sur nos actions ou réactions, liées qu'elles sont avec les stigmates évoquées précédemment. Tout cela se fera par la conscience intellectuelle, pour apprendre et comprendre, comment se pardonner, comment se protéger, comment aller soi-même vers la joie. Ce n'est qu'en conscience de tout cela que l'être peut alors se tourner vers l'extérieur de lui-même. Ce qui vient d'être décrit s'exprime autrement par le rayonnement énergétique. Rayonner la lumière n'est pas ce que beaucoup pensent. Rayonner n'est pas refléter, comme le fait le miroir. Rayonner n'est pas être visible du plus grand nombre par ce qu'on a appris mentalement. Restituer un contenu mental est une façon de miroiter la lumière. Rayonner est autre chose, et c'est cela que cherchent les humains sans le savoir : être le soleil qui renvoie à l'extérieur la lumière qu'ils peuvent créer en leur coeur. Ainsi l'amour est exprimé, non plus sous la forme d'une attente quelconque, mais au travers de la pleine et entière liberté de créer. L'unité est ainsi aboutie et manifestée lorsque la joie créée en soi est devenue Source d'inspiration pour le Monde qui entoure. L'unité est ainsi aboutie lorsque le Monde devient pour l'être une continuelle Source d'inspiration et de joie.


Lorsque se sont effondrés tous les egos destructeurs de l'intérieur, lorsqu'ils ne rabaissent plus le Soi au profit du Moi, lorsqu'ils ne chassent plus le Moi des autres pour s'imposer d'une quelconque façon, alors ils deviennent révélateurs du Soi. Là est le chemin qu'il est offert d'explorer, à l'humanité toute entière, et en chacune de ses individualités.


À suivre...

85 vues

*Le magnétisme, comme l'énergétique sont soumis à des prérequis sans lesquels l'efficacité est amoindrie. Ils ne dispensent pas, en outre, d'un suivi médical régulier.

  • Facebook - Black Circle

Retrouvons-nous sur Facebook