Le chemin - Chapitre II

Depuis toutes ces années, le Monde n'a jamais cessé de tourner.

Il n'a pas attendu après aucun de nous pour continuer sa ronde universelle, jamais. Depuis des temps reculés dont on a si peu ramené de choses, le Monde, la Terre, Gaïa, l'humanité continuent leur ronde. Il y a ceux qui voient le monde d'une façon, puis ceux qui le voient d'une toute autre façon. D'ailleurs, peut-être y a t'il quelques milliards de façons de voir le Monde, qui toutes ensemble font le Monde actuel.

Dans la quête de l'être il y a forcément la quête de ce que l'on veut être.

Force est de constater que ce que l'on veut être passe obligatoirement par le reste du Monde. Cela est important, non ? Tenez, imaginez vouloir être président(e) de la République. Si à la question qui suis-je ? Votre réponse est Président(e) de la République, alors vous vous appelez Emmanuel Macron, et je ne vous félicite pas. Sinon, reconnaissons qu'il y a un problème. Pour être cela, il faudra que cela soit voulu par les autres français, et si possible de façon massive.


Cela marcherait avec bien d'autres exemples, et d'ailleurs quand on pose la question qui êtes vous ? Ou alors "présentez-vous", on commence bien souvent par donner son nom, son âge, et sa profession vient terminer de brosser le tableau. Tout comme notre exemple présidentiel, l'être serait-ici résumé à une profession. Or, il ne s'agit pas de l'être dont il est question avec la profession. D'ailleurs, votre nom n'est pas ce que vous êtes, cela est votre code d'identification, seulement qui vous êtes aux yeux de la société, et du Monde. À la question QUI SUIS-JE ? Il faut bien répondre aux deux volets de la question et qui implique qui vous êtes, et ce que vous êtes. Dès lors, nous retrouvons ici-même la fracture qui a signé la conclusion de l'article précédent… À défaut de savoir ce que l'on est, on éprouve le besoin de savoir QUI nous sommes.


Sur le chemin, il y a le changement, nous l'avons vu. Les changements sont souvent nombreux, vécus différemment selon les gens. Changement de travail, changement de conjoint, changements alimentaires, changement de vie… Le changement est partout, et en ce moment, c'est maintenant. Que cherchent les humains ? L'amour. Après, et seulement après il recherchent tout le reste : la reconnaissance, le pouvoir, l'argent, la réussite… En premier lieu, il y a l'amour, et chacun donne à ce mot la définition qui lui convient. Il n'y a pas deux amours pareils. Peut-on comparer l'amour que l'on a pour son chien à celui que l'on donne à son enfant ? Ceux qui n'ont pas d'enfant vous diront oui, ceux qui en ont vous diront non. Certains s'en amuseront, d'autres s'en offusqueront. L'amour est si vaste, et une fois de plus nous voyons que la vérité n'est pas de ce monde.


Il y a aussi l'amour inconditionnel, qui conditionne à ne rien conditionner. L'amour est partout sauf sur les théâtres de guerre. Pourtant, ceux qui la font la justifie par l'urgente nécessité à protéger ceux qui veulent s'aimer en paix. Tous ces changements nous amènent à l'amour inconditionnel, et nous aimons partager cet amour avec ceux qui le vivent comme nous. Nous voyons en eux ce qui brille en nous, et quelque part sur le chemin, nous croiserons peut être une personne qui brillera tout comme nous brillons. Nous penserons toutes choses de façon identiques, nous vivrons toutes choses identiquement, nos limites comme nos passions. Pourtant, un jour ou l'autre, les cycles feront leur jubilé. Année après année nous aurons expertisé la vie jusqu'à devenir des experts de cette vie que nous avons vécu ensemble, avec cet autre identique à nous. Nous avions pourtant tout changé pour lui (ou elle), jusqu'à devenir comme lui, ou comme elle. Tout cela était si beau vu d'en haut, tout cet amour dans lequel nous avons baignés ensemble.


Comment cela a t'il pu s'user de la sorte ? Pourquoi es t'il(elle) parti(e) pour un(e) autre ? Certes, la jeunesse a pesé, mais qu'est devenue la sagesse, qui bien que non promise cette fois-ci, était pourtant bien identifiée ? Il y a eu les amours, puis il y a eu l'amour, la maison, puis les maisons. Il y a eu l'enfant, puis les enfants. Parfois l'un d'eux a été créé pour retenir l'autre, mais là est une autre question. Au milieu de tout cela, il y a eu la réussite professionnelle, puis, la chute, la petite mort, la nuit noire parfois. Après, la renaissance, car l'amour de nouveau, mais l'amour vrai. L'amour en conscience, l'amour sécurisé, chacun chez soi, un temps. Puis un jour nous étions si sûrs d'être l'un comme l'autre, que nous n'avons fait qu'un dans un couple. C'était merveilleux, car lorsque l'un avait envie d'aller se promener, l'autre avait aussi envie de le faire. Tout était compatible dès qu'il fallait s'amuser, nous savions tant nous amuser. Puis les difficultés se sont accumulées, à cause de l'argent qui manquait. La société est responsable de cela, sans nul doute, car elle est devenue ce qu'elle est. Tout est basé sur l'argent, et nous et notre amour n'avons que faire de cet argent qui pourrait l'amour. Du moins le croit-on, parfois.


Parfois, rien de tout cela ne vient mettre le feu aux poudres. Au contraire ! L'argent coule à flot. L'argent fait loi, l'argent est roi. Il offre tous les plaisirs, tous les caprices, car tous les deux travaillent d'arrache pieds. Ils travaillent tant que les enfants grandissent dans le plus grand silence, puisque la plupart du temps, quand nous les voyions, ils dorment, en silence. Le reste du temps, nous travaillons, parce que ce Monde est exigeant. Dans ce cas précis, la question Qui êtes vous appelle quasiment toujours la même réponse : je suis [mon métier]. Parfois, je suis papa ou je suis maman prendra une bonne place, à juste titre, d'ailleurs.


Alors, pourquoi cette usure puisque dans les deux cas pré-cités tout semblait coller ? Pourquoi l'expérience ne nous a pas permis d'éviter cela ? Ta ta ta… N'est-ce pas l'expérience qui nous a mené là ? La première fois, nous avons tant souffert… Nous avons souffert de donner notre vie à l'autre. Nous avons vu à quel point nous étions devenu ce que l'autre attendait de nous, jusqu'à nous oublier nous-mêmes. Alors nous avons changé, nous avons cheminé vers un peu plus de nous-mêmes, les yeux grands ouverts sur la réalité. Nous avons besoin d'amour, mais d'un amour qui respecte ce que l'on est. Pourquoi donc cela a t'il foiré une fois de plus ? Nous étions les mêmes… Nous l'avons justement choisi(e) parce qu'il(elle) était comme nous, et aujourd'hui nous voilà à nouveau rejeté(e), ou abandonné(e). À moins que nous éprouvions nous-mêmes ce besoin de partir, et de quitter l'autre. Pourquoi parler toujours du même côté ? Dans l'amour inconditionnel il y a sans condition, et bien qu'il soit de tradition de toujours plaindre celui qui est quitté, il n'y a pas non plus de raison qui interdit de plaindre celui qui s'en va. L'ennui… Parti par ennui dans une vie devenue ennuyante. Toujours les mêmes choses, toujours les mêmes buts. Voyager pour certains couples, gagner de l'argent pour d'autres. Rester cocooner à la maison tous les dimanches dans l'amour et sans jamais voir le jour, ou travailler le jardin pour planter des pomme de terre, en cas de pénurie alimentaire… La routine de la vie, vécue par l'autre ou au travers de l'autre. Parce que finalement, au-delà de tout ce que l'on croit être différent, il y est bien question de la même chose. Au début de notre vie nous nous sommes adaptés à l'autre après l'avoir connu. Plus tard nous avons simplement voulu celui (ou celle) qui était apte à ne plus nous faire souffrir, celui ou celle qui avait acquis les mêmes connaissances, et qui pouvait ainsi accepter les nôtres comme étant les siennes. Nous avons cru qu'il n'y avait aucune adaptation dans ce schéma…


À ce jeu-là, on croise de tout sur Terre. On croise des couples divorcés qui se font une guerre à coup de millions d'euros, pour des biens et des propriétés. On en croise d'autres qui se font une guerre affective pour des enfants devenus à leur tour des propriétés. On ne sait plus ou on est, car ce que l'on croit être n'est jamais ce qui conduit à la paix, durable et méritée. On voit le reste du Monde et ses défaillances. On voit les défauts de l'autres sans plus jamais voir ses qualités. On vit en soi la colère justifiée par les faits, mais on vit aussi le dégoût d'une vie dont on peine à trouver un autre sens que la douleur, vécue tant et tant de fois. On arrive plus à voir la moindre Source de joie, et on rigole de ceux qui nous font la leçon en nous montrant la beauté d'une fleur, ou la magie de la vie. On les voit comme un danger, ou aussi comme des illuminés inadaptés à un monde fait de loups, et qui va tout bientôt les manger. On ne peut plus faire confiance à personne en ce monde, et on ne sait plus que compter ses blessures, innombrables. Peut-être ira t'on trouver des âmes charitables, encore, qui écouteront des heures durant la façon dont on souffre, et les interminables projections sur un futur qui ne nous promet que de la noirceur et du sombre.

Les sauveurs, on en veut plus, parce qu'on a donné. Toutes leurs belles paroles, pfiou ! Envolées ! Les voilà même transformées en douleurs bien ancrées, alors… Ne reste encore que les vrais, ceux dont l'empathie est si grande qu'ils peuvent au moins écouter. Qu'ils n'aient pas de réponse à nos douleurs est finalement très bien, comme ça on ne risque pas de devoir se défendre d'eux. C'est ainsi que l'on maintient des rapports d'amitié, en nous racontant nos douleurs et nos souffrances. Ce monde est responsable de tout cela, car il est injuste. Il y a ceux qui abandonnent et ceux qui rejettent, et au milieu de tout cela des victimes et des bourreaux que les sauveurs ne parviennent même plus à aider. Après avoir vécu tant d'humiliation et de dégoût envers ce Monde que pourtant on voudrait bien aimer d'un amour enfin libéré de tout conditionnement, on ne peut voir que la trahison de partout. Tout le monde trahit, toujours, sa parole et ses engagements…


On s'enferme peu à peu sur soi-même, parce qu'à la question QUI SUIS-JE ? Il semble que nous n'ayons toujours pas la réponse. Après avoir réchauffé notre coeur au contact de ce nouvel amour que nous pensions aussi indestructible qu'inconditionnel, nous avons résolument fait résilience, à nouveau. Parce qu'en l'absence de sens, la vie sait nous donner parfois l'instinct de survie, nous ne cherchons plus à rien changer, flirtant avec le sacrifice de nous-même.


Nous finissons de découvrir la réalité de l'extérieur. Étrange paradoxe que de découvrir le monde extérieur, alors même que nous désirions plus que tout découvrir l'intérieur… Tout ceci est un peu comme si nous commencions à ressentir les effets d'un miroir qui projetait sur nous l'image de nous-mêmes. Pourquoi donc être sans cesse dans une forme de dualité ou dans une autre ? Pourquoi ne jamais être en paix ? Pourquoi être heureux à deux est-il impossible ?


Peut-être en raison du fait que malgré toute la bonne volonté qui anime le coeur, le mental n'a pas encore réussi à résoudre l'équation dont le résultat est la réponse à la question qui désormais est bien connue…


À suivre...

*Le magnétisme, comme l'énergétique sont soumis à des prérequis sans lesquels l'efficacité est amoindrie. Ils ne dispensent pas, en outre, d'un suivi médical régulier.

  • Facebook - Black Circle

Retrouvons-nous sur Facebook