Le chemin - Chapitre I

Il y a cette réalité inestimable qui s'appelle le questionnement. QUI SUIS-JE ?

Trois mots qui forment une trinité par laquelle chaque être humain devra passer pour atteindre la vérité. De quelle vérité parle t'on ici ? La vérité est-elle de ce Monde, ou est-elle tout simplement le monde ? La vérité n'est pas d'origine terrestre. Cela supposerait qu'elle soit créée de la Terre, ce qui bien entendu n'est pas acceptable. La vérité est en ce Monde sans être de lui, alors à la question QUI SUIS-JE, comment peut-on trouver une réponse fiable ?

Tout part de là, de cette quête de soi-même, durant laquelle l'individu franchit un certain nombre de caps, comme le firent les marins qui ont découvert le Monde, en leur temps.

Il y a cette réalité qui s'appelle le manque. Pour éprouver l'attraction quasi mystique du véritable Soi, l'être aura été conduit au travers le miroir du manque. Le manque, l'absence… Comment se demander qui on est si un grand nombre de données ne sont pas manquantes. Le manque… Les données manquantes, pourquoi le sont-elles à ce point ? D'où vient cette sensation, d'où vient cette impression qui parfois est là, depuis aussi loin que notre mémoire nous offre de rappel ? Le manque a toujours été là, le manque d'une vérité en Soi, ou peut être d'une vérité de Soi. Il a bien été aménagé des stratagèmes pour répondre à la vie, et lui donner un sens. Oui, mais toujours au bout du compte, ce manque, incompressible, irréversible, omniprésent.

Il y a eu des moments si nombreux où il a été pensé qu'un achat ou un engagement allait tout changer. Une nouvelle voiture, une nouvelle maison, un(e) nouveau(elle) conjoint(e), un enfant, une famille… et toujours à l'issue de tout cela, une seule chose, récurrente : le manque.

Il y a eu des moments si nombreux encore, où ce qui manquait était douloureux au point de peut-être, avoir envie d'en finir avec la vie. Le départ de l'amour de sa vie, ou la fin de vie de l'être cher. Le coeur ouvert en deux, fissuré de partout, par la perte, puis par le manque. Le manque d'amour peut être, ou le manque éternel, que l'on pourrait dire aussi "à vie". Quelles sont les peurs derrière cela ? Ne plus avoir l'amour et la présence d'un autre ne peut que nous projeter vers un futur que l'on espèrera toujours meilleur, en quête de ce que, au final, nous pensons être le pansement à toutes nos blessures.


Il y a eu l'enfance, avec ses rires et ses insouciances, rapidement ramenées à la réalité par des parents affairés. Cette enfance d'où nous venons et qui, durant les trois premières années de notre vie, nous laissait penser que nous étions la mère, ou une partie d'elle, ou elle une partie de nous. Nous avons construit nos bases sur les fondations parentales, sur les connaissances et le savoir de nos parents. Nous avons reçu l'éducation, de base tout d'abord. Nous nourrir, nous habiller, nous tenir propre, nous sécuriser. Tout cela a été fait par des parents qui furent eux-mêmes des enfants. Enfants de nos grands-parents, eux-mêmes enfants de nos arrière grands parents… Ainsi va la vie et la famille de sang, la lignée temporelle qui remonte les âges.


Il y a eu ce temps de l'enfance, puis est arrivé celui de l'adolescence. L'enfant a tenté de devenir adulte, car le corps, lui, ne se joue pas du temps. Le temps fait son oeuvre, quoi qu'en pense le new age qui affirme qu'il n'existe pas ! Le temps érode la roche pour la transformer en sable, et le temps érode le corps comme toute la matière présente en ce Monde. Ce n'est qu'une question de cycles, et l'enfant cherche tôt ou tard à devenir l'adulte dont seront fiers ses parents. Une fois passées les réactions envers l'autorité, s'installeront durablement les notions d'appartenance. Je suis rebelle ou intello, chewing gum ou menthe à l'eau. Pour la première fois dans la vie, JE SUIS fait son apparente apparition. Je suis bon en mathématiques, je suis mauvais en sport, je veux être maman, avoir une famille, être reconnu, pour ce que je fais, et aussi pour ce que j'ai fais. Les jeunes hommes veulent des voitures, les jeunes femmes veulent des bébés. Avec l'avancée du siècle, des jeunes femmes veulent aussi des voitures, et des jeunes hommes veulent aussi des bébés. Finalement, peu importe ce qui est voulu, cela contribue à ce que JE SUIS, et qui va perdurer, pendant des années.


Il y a eu ensuite le temps de la fracture intérieure. Peu importe les enfants, les voitures, les maisons, les familles nombreuses ou pas. Peu importe tout ça, car tout ça n'a jamais su apaiser l'ogre qui était en l'être. Avoir eu tout cela n'a jamais suffit, en réalité, à combler ce manque. Il y a eu les amants, les maîtresses, les beaux amours et les moins beaux, les coups d'un soir, et les coups du soir, à boire, peut-être. Les voitures se sont usées, les maisons ont lassé, la famille a finalement réussi à ennuyer celui ou celle qui y voyait tout ce qu'il (ou elle) était. Le mari a trompé, la femme a pleuré, à moins que ce ne soit dans l'autre sens, ce qui revient au-même. Les douleurs se sont accumulées, toujours contrôlées, dit-on. On dit toujours que tout va bien, jusqu'à ce qu'on se pose cette question toute simple : QUI SUIS-JE ?


Inexorablement, le qui suis-je ? est accompagné d'une remise en question plus ou moins profonde de la vie, de sa qualité jusqu'à sa quantité. Le corps, marqué par le temps exige de nous (pense t'on) que l'on prenne les choses en mains. Alors on fait du sport, une fois la quarantaine passée. Premier essai, le corps est devenu moins rond, plus aimable. Que dire alors s'il y a rupture dans le couple ? Comment expliquer ce regain d'intérêt pour les activités santé, ou sportive, alors que durant des années seul le canapé était privilégié, pour regarder des séries TV, dès qu'il y avait un peu de temps à se consacrer ? Le couple devenu ennuyeux a fini d'essorer les derniers espoirs de joie et de magie. Oubliée la magie d'entant, les moments de la découverte, les promesses faites sur la vie, à une époque où peut-être le fait de n'en avoir qu'une seule à réaliser en ces temps présents n'était pas tout à fait bien réalisé. La jeunesse et ses amours, ses promesses et ses calembours… Un jour où l'autre apparait l'évidence qu'il ne suffit pas d'être trompé(e) pour se rendre compte qu'on s'est probablement trompé(e) nous-mêmes. Non pas dans le choix, de l'autre ou de quoi que ce soit, mais dans nos paroles et nos mots, dans nos promesses qui n'étaient parfois que kermesses.


Il y aura cette relativité qui ne va apparaître que dans la deuxième moitié de la vie, le plus souvent, et parfois même avant. La théorie de la relativité dont il est ici question n'est pas celle du savant bien connu, mais celle de la relativité de l'apparence. Si jeunes et beaux la beauté est avant tout visuelle, elle arrive à muter en bien autre chose avec le temps. Lorsque les bourrelets et la solitude viennent mettre à terre celui qui s'en sent affublé, alors la beauté se dévoile ailleurs, peut être dans le coeur. Il commence à naître cette quête, non plus d'une réalité devenue presque insupportable, mais d'une vérité bien plus agréable, car impalpable. On commence à croire qu'il en existe un, ou une, quelque part dans ce Monde, et par lequel on ne souffrira plus. Cette âme soeur est là, quelque part, alors on cherche. On apprend, on étudie, on lis, on parle, on échange, on fait son chemin, puis on découvre cette chose dont on avait si souvent entendu autrement qu'elle nous apparait en réalité. La spiritualité prend sa place, comme appelée par la douleur intérieure, celle qui nous a conduit à poser la question QUI SUIS-JE ? Depuis le début de cet article, des années sont passées, peut être même des décennies. L'heure du qui suis-je a sonné, avec son cortège funèbre de changements en tous genres. Nous sommes passés du "on a qu'une seule vie" à "on a des milliers de vies", puis d'une totale incompréhension de la mort à une vision quasiment mystique de celle-ci, une vision qui parfois ferait même penser qu'elle est souhaitable… On a perdu des amis, après avoir changé du tout au tout. On a acquis une connaissance nouvelle, on est devenu spirituel(le). Selon les lois, on s'est mis à repousser le toxique pour n'attirer que le positif. On a fait résilience avec le passé, on a pardonné, et on pardonne toujours, pour tout, ou pour être aimé(e) pour ce que l'on EST.


Depuis le temps qu'on cherche, QUI on est… Tout ce temps à chercher, mais quoi ? Au temps où on s'aperçoit que finalement la vie pourrait s'arrêter là, sans même que cela nous touche ou nous attriste, on perd un parent, un enfant, et on s'effondre. À moins qu'on ne verse pas la moindre larme, parce qu'on croit être sage, et qu'on "sait", que la mort n'est qu'un passage. Peu importe que l'âme qui quitte ce si jeune corps le fasse, parce qu'elle l'a probablement choisi délibérément... ou pas. Alors, on ne pleure pas, ou si peu… On a bien fait tout ce travail pour ne plus souffrir autant qu'auparavant. Désormais, les émotions sont contenues, maîtrisées, mais la douleur n'en est pas pour autant oubliée. La vie passera, et peut être fera t'on un autre enfant, poussés par la vie qui doit continuer. Il y aura toujours les sons, les images, les moments de rires et de joie vécues par le passé qui traineront dans un coin de la tête. Il y aura peut être cette culpabilité enfouie et refoulée, pour n'avoir pas fait ce qu'on nous a dit un jour devoir faire. Il y aura peut être, à l'issue de tout cela, la fin d'une réalité : la famille sera brisée. L'être aimé s'en ira, peut être qu'avec lui les moyens de subsistance aussi. On réalisera que l'on a donné sa vie à l'autre, et que durant ce temps nous n'avons pas pu vivre nous-mêmes ce qu'on lui a donné. Nous voilà désunifiés autant qu'horrifié(e). Seul(e) et abandonné(e), ou seul(e) car rejeté(e) cela revient au-même. Nous voilà la moitié de nous-mêmes, celle qui a toujours été travaillée au détriment de l'autre. On n'a plus aucune réponse à rien, on ne peut tout simplement plus rien. La méditation n'est plus possible, les anges n'aident plus, les croyances non plus. La sagesse nous a quitté, et nous sommes résolument décidé(e)s à tout faire changer.


À Suivre...

*Le magnétisme, comme l'énergétique sont soumis à des prérequis sans lesquels l'efficacité est amoindrie. Ils ne dispensent pas, en outre, d'un suivi médical régulier.

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