L'attachement du runner anxieux ambivalent

Les runners anxieux ambivalents sont scindés entre le désir et le mal être au contact de l'émotionnel de l'autre. La façon dont ils se perçoivent eux-mêmes est l'indignité face à l'affection de l'autre. Ils répriment leurs sentiments par crainte d'être rejetés POUR CE QU'IL SONT. Poussé à l'extrême, le runner exige de son partenaire une présence de tous les instants. Il est en demande d'approbation et attend systématiquement une réponse emphatique de l'autre à chacune de ses actions. Un sms doit recevoir réponse, un geste tendre doit recevoir le retour équivalent. La vision qu'ils développent d'eux-mêmes est incomplète, voire faussée par l'attente systématique de l'approbation extérieure, qui la plupart du temps ne vient pas. Avec le temps se construit le désamour de soi, mais aussi de l'autre que l'anxieux-soucieux finit par juger, assez mal. La gestion émotionnelle finit par s'évanouir au profit d'une attitude réactionnelle, parfois brutale, à toutes forme de frustration sentimentale.


Ajoutons qu'au titre d'anxieux ambivalent peuvent se substituer les titres de craintif évitant, car le runner est craintif sur le plan émotionnel, et évitant de lui-même. Il évite de montrer ce qu'il est vraiment, par crainte d'être jugé ou rejeté. Nous pourrions également parler d'anxieux-soucieux, car il est en permanence soucieux de l'état émotionnel des autres, plus que du sien.


La source de cette forme d'attachement est une mère absente qui ne répond pas aux besoins sécuritaires de l'enfant. Dans les faits, la figure d'attachement* répond plus volontiers à ses propres besoins émotionnels personnels, utilisant l'enfant pour combler ses besoins d'amour et de reconnaissance. Si l'enfant manifeste un besoin affectif, la mère est souvent occupée et répond par l'invective, le rejet, le jugement ou la colère. Parfois, elle peut aussi être très tendre, ce qui conduit nombre de runners à nier qu'ils puissent avoir été utilisés. Cependant, la maman n'est tendre que, et uniquement lorsque ELLE a besoin d'affection elle-même, ou de réconfort, mais lorsque la demande provient de l'enfant, alors c'est une réprimande qui sera produite si les deux ne sont pas accordés. Pour l'enfant, ce type de comportement ambivalent est extrêmement insécurisant, et l'enfant ne sait jamais sur quel pied se tenir. Une chose est sûre, il est toujours en équilibre sur un seul pied, et jamais sur les deux. Lorsque l'enfant est triste, il peut rester seul à devoir gérer son émotion sans savoir ni comment faire, ni pourquoi le faire.


Prenons l'exemple d'un enfant runner qui demanderait un câlin à maman :

Quelques réponses possibles :

  • J'ai pas le temps

  • Ignorance, aucune réponse...

  • Tu sers vraiment à rien

  • T'es qu'une fillette bonne qu'à pleurer

  • Tu te plaints, mais tu sais ce que je vis moi ?

  • Comment veux-tu que j'aille bien si tu vas mal ?

  • etc.

L'enfant est utilisé dans de multiples effets miroirs, la maman retournant son incapacité à aimer son enfant en la transformant en culpabilisation permanente. La réalité émotionnelle de l'enfant est toujours moins importante que celle de la maman qui se plaint généralement tout le temps de son environnement, de son mari, de ses parents, de ses amis, et de ses enfants. Victime perpétuelle, elle pousse l'enfant à s'occuper d'elle et de ses difficultés de vie pour qu'il puisse marcher dans ce mécanisme de récompense. C'est un peu comme donner un biscuit à un chien qui a ramené le bâton, sauf qu'ici il s'agit d'un enfant qui doit sécuriser la mère, s'occuper d'elle ou des tâches qu'elle ne peut plus accomplir elle-même.


Prenons l'exemple d'un enfant runner qui demanderait un un jouet ou un moment de jeu à maman :

Quelques réponses possibles :

  • Tu sais ce que tu nous coûtes avec tes envies ?

  • Tu n'as pas été sage, et en plus tu espères un cadeau (sans que l'enfant ne sache ce qu'il a fait de mal)

  • Tu t'es déjà amusé hier, faut pas pousser

  • Maman a pas de sous, va voir ton père

  • Ton père ne me donne pas d'argent, t'a qu'à lui demander à lui (parents divorcés)

  • Toi tu penses qu'à jouer pendant que ta mère galère pour élever ses enfants

  • etc.

Il est ainsi fréquent que le runner ait à s'occuper de ses frères ou soeurs cadets, comme de tâches ménagères. Si ce service quotidien est rempli, parfois la maman va récompenser par un bisou ou une flatterie, mais rarement par un câlin. L'enfant saura très clairement déterminer la nature du rapprochement. Il saura s'il s'agit d'une récompense pour bons services rendus, ou d'un câlin véritable, ou encore d'un câlin du type besoin maternel... En principe, c'est essentiellement les câlins intéressés qui viennent à lui.


La maman peut aussi être intrusive. Par exemple, elle fouille dans les quartiers secrets de l'enfant, les carnets intimes sont une pépite pour elle qui veut absolument manipuler son enfant pour lui éviter de donner de l'amour à un (une) autre qu'elle. C'est ainsi qu'elle ne lui laisse aucune possibilité de s'explorer et d'explorer le monde. Cela provient de ce que l'on appelle le karma familial, qui sont les blessures qui se perpétuent dans le temps, au niveau familial. Le parent éduque son enfant comme s'il était une extension de lui-même, répondant ainsi au conditionnement qu'il a lui même reçu dans l'enfance. Les sentiments qu'il développe à l'encontre de l'enfant sont extrêmement puissants, et peuvent aller jusqu'à d'innombrables tentatives de destruction de l'enfant si celui-ci s'éloigne ou tente de le faire.


Quelques signes évocateurs du runner

  • Ses relations sont une source perpétuelle d'inquiétude

  • cette préoccupation peut-être obsessionnelle, et se manifester par un petit vélo dans la tête

  • craint que son affection pour son partenaire (ou ses enfants, ou des personnes proches) ne soit pas réciproque

  • besoin d’approbation permanent

  • craint de s'exprimer

  • se sent extrêmement mal lorsqu’il est critiqué

  • confond la critique et le jugement

  • Ignore l'apparition des signes dysfonctionnels dans ses relations

  • a peur d'effrayer les autres

  • peur excessive d’être rejeté / critiqué et aussi abandonné (de manquer de nourriture affective)

  • bouderies et jalousie lorsque le partenaire s’investit en dehors de la relation

  • prend excessivement soin de l’autre, pour être aimé ou accepté en raison de bons services rendus

  • est centré sur lui-même, a besoin d’être le centre de l’attention

  • désir de fusion, recherche en permanence le maximum de proximité

  • Pense beaucoup à son partenaire, a du mal à penser à autre chose

  • Pense beaucoup à ses problèmes personnels, plus qu'aux bienfaits de la vie

  • Ne se souvient que des qualités de ses ex partenaires

  • Met l’autre sur un piédestal, ou au-dessus de lui-même

  • L’anxiété se dissipe uniquement en présence de l’autre (quand tout va bien)

  • Croit que c’est sa seule chance d’être en couple, parce que :

– « Lui (ou elle) m'accepte, personne d'autre ne m'acceptera – mes chances sont infimes de rencontrer quelqu’un comme lui/elle »

– « Ça prend des années de rencontrer une nouvelle personne, je vais finir seul(e) »

  • Croit que même malheureux(se), il ne faut pas laisser tomber parce que :

– « Si elle me quitte il/elle va être le/la partenaire parfait(e) – de quelqu’un d’autre »

– « Il/elle peut changer »

– « Tous les couples ont des problèmes – on est comme tout le monde sur ce point »

Le runner va vivre sa vie telle qu'elle lui est présentée jusqu'au moment de la grande implosion. Je le dis régulièrement dans mes vidéos : un jour le runner demande grâce au ciel. Il n'a pas besoin de savoir à qui il s'adresse, mais il demande grâce, pour que tout ce qu'il ressent et ne comprend plus s'arrête. En réalité, sa vie ne lui est pas présentée par le hasard. Sa vie est décidée par les autres, et bien souvent, comme on attire ce que l'on vibre, et bien le runner attire des vampires énergétiques qui vont se nourrir de lui. Il restera en permanence dans ce jeu malsain du "donne moi, est je te ferai croire que je t'aime !". Il reviendra sans cesse à la position de sauveur, croyant qu'il est si peu capable qu'il fait souffrir les autres. Alors il devient le médicament, la boite à pansements, finissant même parfois à devenir réellement la lame qui tranche pour mieux guérir ensuite.


Quelques réactions mises en place par le runner

  • Recherche la proximité : Téléphone, envoie des SMS ou des emails, fait irruption dans la vie de l'autre

  • Devient distant : cesse de parler, rompt le contact, fait la tête, ignore l’autre

  • Compte les points : observe le délai de réponse à son message et applique le même délai ; reste distant jusqu’à ce que l’autre fasse le premier pas de la réconciliation

  • Interprête les paroles d'autrui en ne passant que par le filtre du dégoût de lui-même

  • Se montre hostile : lève les yeux au ciel, sort de la pièce lorsque l’autre parle, regarde ailleurs

  • Menace de partir : dit que ce couple est une erreur, qu’il souffre trop et que cela ne peut plus durer.. dans le seul but d’être retenu

  • Ne part jamais, et espère que l'autre partira

  • Manipule : fait croire qu’il est occupé et indisponible, ignore les appels, prétend avoir des choses importantes à faire alors que c’est faux

  • Veut rendre l’autre jaloux : déjeune avec un ex, se rend à une soirée de célibataires, raconte comment il s’est fait courtiser aujourd’hui…

Ces archétypes expriment le résultat d'une éducation qui a très clairement été choisie par l'âme. La plupart de ces mécanismes étant inconscients, seule l'âme peut pousser un jour à faire tomber les murs afin que la lumière apparaisse. Cette âme a également prévu de s'incarner en même temps que sa parèdre. Les deux ont des souffrances qui se télescopent, et sans être forcément strictement identiques, produisent des vibrations basses de fréquences identiques. Qui se ressemble s'assemble, et pour ce qui est des jumeaux, c'est leurs souffrances inconscientes qui les poussent à s'assembler dans la matière, alors que sur le plan spirituel, ce sont leurs âmes qui sont aux commandes. Si l'un et l'autre abaissent leurs défenses en acceptant seulement d'entendre ce que dit leur coeur, alors les peurs peuvent être traitées une par une, en conscience.


Denis Mourizard


*Le parent référent, la maman la plupart du temps

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