*Le magnétisme, comme l'énergétique sont soumis à des prérequis sans lesquels l'efficacité est amoindrie. Ils ne dispensent pas, en outre, d'un suivi médical régulier.

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Flammes jumelles, les triangulaires systémiques

Peut-être êtes vous de celles et de ceux qui vivent, presque au quotidien, une situation analogue à celle que je m'apprête à décrire. En tant qu'être humain, nous sommes une unité intérieure et à la fois une unité extérieure. C'est à dire que nous sommes voués à l'interaction, à l'échange, à la communication, voire à la communion de l'intérieur avec l'extérieur de nous-mêmes. Autrement dit : nous avons fréquemment des échanges, avec ceux que l'on aime, ceux auxquels nous tenons, et même ceux que l'on connaît moins, voire pas du tout.

Je commencerais donc par dire que le langage est une énergie. Chacun comprendra que le verbe peut s'aborder de plusieurs façons. Il y a le sens du mot prononcé qui aura une nature positive, bienveillante, ou plutôt négative et agressive. Il y a aussi le ton avec lequel le mot est prononcé, qui sera doux ou autoritaire. Il y a également le volume du son, qui sera tantôt calme, tantôt violent. Tout cela crée une texture, une nature énergétique, que nous recevons en nous et qui peut soit apaiser, soit détruire. Lorsque vous entendez qu'il est important de se protéger énergétiquement, le langage et le verbe font partie de ce à quoi ces protections s'adressent.

À défaut de savoir se protéger, nous sommes exposés au risque de rencontre avec le trio infernal cité en titre de cet article. Le trio infernal n'est autre que le triangle de Karpman, un phénomène qui met en jeux l'état psychologique de deux personnes, et qui les conduit à se manipuler l'une et l'autre, sans forcément s'en rendre compte. Nous pouvons constater ce phénomène se produire à tout moment de la journée, dans notre propre vie, avec nous même, nous avec les autres, mais également les autres entre eux. Le triangle est absolument de partout, il est pour moi, devenu une maladie de société. Qu'engendre ce triangle infernal ? Il crée la séparation, il permet la manipulation de l'autre ou des autres, il abaisse le capital énergétique en conduisant à la colère, à la tristesse ou au dégoût, de soi, ou des autres, ou pire : des deux.


Il convient donc de résumer à présent chacun des archétypes du triangle infernal, pour glisser ensuite vers les multiples possibilités d'imbrication qui en découlent. Dans un échange, il faut être au-moins deux personnes. Cela est suffisant pour créer les conditions. Imaginons une situation que vous avez peut-être connue. Julie a un chat, qu'elle aime plus que tout… Un soir, Buffalo (c'est le petit nom du chat) ne rentre pas comme à son habitude. Julie ouvre la fenêtre et secoue le paquet de croquettes, mais Buffalo ne revient pas. Cela n'était jamais arrivé à Buffalo ! Quand même, habituellement il obéit à Julie, et cette dernière sent la colère monter. Elle secoue le paquet de croquettes toutes les vingt secondes, la fenêtre étant restée ouverte. Elle regarde son émission préférée en secouant le paquet, mais Buffalo reste toujours absent. Venu le moment de se coucher, Julie, très en colère crie au-dehors : "Buffalo la prochaine fois tu m'obéira ! Tu es puni tu passera la nuit dehors, ça t'apprendra !". Elle referme volets et fenêtres et va se coucher, très en colère. Le lendemain matin, Julie n'a pas fermé les yeux de la nuit. Elle était assaillie par un mélange de peur, d'anxiété, de culpabilité aussi. Et si son chat avait été mangé par un alligator ? Il n'y en a pas dans la région, mais si quelqu'un en avait acheté un en cachette ? Parce que quand même les gens font vraiment n'importe quoi ! À moins que ce ne soit la peur de la voiture, bien plus simple et crédible… La journée de Julie se passera très mal, vous vous en doutez, parce qu'elle ne méritait pas de perdre son chat. Elle a annulé sa journée de travail, risquant une mise à pieds, pour imprimer des affiches qu'elle a placardé dans toutes les rues, vitrines de magasins, vétérinaires. Julie sait pertinemment que plus on entame les recherches tôt, plus on a de chances de retrouver un disparu, elle l'a vu dans l'émission "enquête criminelle".

Pourtant, le soir Buffalo est rentré, propre comme un sous neuf. Peut être aura t'il été enfermé dans le garage d'un voisin par inadvertance, peut être sera t'il parti après une femelle, comme ça, pour prendre des vacances. Une chose est sûre : Buffalo n'est pas un humain, et cela n'a pas empêché sa maîtresse d'entrer seule dans le triangle infernal ! Parce que Buffalo n'a pas la conscience d'un humain, mais une conscience animale, pour lui, rentrer n'est pas un devoir ni une obligation. Seule sa sécurité est une obligation, et s'il se sent bien quelque part, et qu'il a une raison d'y rester, il y restera. Si c'est loin de la maison, il n'entendra même pas le paquet de croquettes… Dans cette histoire, le triangle infernal s'est mis en oeuvre, Julie s'est placée tour à tout dans le rôle du bourreau (le persécuteur), de la victime et du sauveur.

La position de bourreau

Le bourreau impose sa domination sur les autres pour fuir ses propres peurs et angoisses. Il s'impose lui et ses convictions, parfois sans aucune autre logique que celle de vaincre, pour se prouver à lui-même, et si possible aux autres, qu'il n'a peur de rien et qu'il ne craint rien. Cette position peut être favorisée par un fort ego dominant, de la même façon qu'une position de bourreau un peu trop fréquente peut densifier l'ego d'une personne. Bien que souvent cette position soit déclenchée par la situation et par la nature énergétique dominante, donc pas toujours consciente, je l'associerai à la conscience intellectuelle. La conscience intellectuelle est mise en oeuvre dans les processus qui pourront être utilisés, comme par exemple jouer avec les faiblesses de l'autre pour le rabaisser, aborder des sujets qui vont déclencher en l'autre une overdose émotionnelle, pour faire mal, ou pas. La personne qui userait consciemment de cette position avec la ferme volonté de blesser stratégiquement est appelée communément un pervers narcissique. Par contre, il est important de comprendre qu'en raison de la dépendance affective qui touche majoritairement la société (et donc les sociétaires, nous), il est extrêmement fréquent que nous nous placions dans la position du bourreau en tentant seulement de nous défendre, et donc, inconsciemment.


Dans un couple de flamme jumelle, la position du bourreau est le dévolu du Chaser. Nous sommes précisément dans le cadre expliqué juste avant pour le chaser. Jamais il ne sera dans cette position pour nuire, mais seulement pour tenter de contrôler la situation, en refusant d'admettre et de travailler sur ses propres peurs. Le runner refuse consciemment et inconsciemment d'entrer dans cette position avec son autre, ce qui ne l'empêchera pas d'y entrer, occasionnellement, avant de fuir la situation.


La position de victime

La victime est en quête de celui ou celle qui viendra la sauver. Elle est dans la plainte continuelle, victime de sa vie et de celle des autres. Elle se sent impuissante face aux épreuves qu'elle traverse, et jamais responsable des situations. C'est toujours la faute des autres. Avec cette position, nous parlons également de domination, bien que cela puisse paraître étrange. Il s'agit pourtant de cela : obtenir d'autruis ce dont on a besoin par la plainte et la victimisation. Il s'agit donc d'une manipulation basée sur une apparente soumission aux évènements dramatiques. J'associerais cette position à la conscience émotionnelle, qui, en totale ingérence, coupe tout accès à l'intellect et aux moyens immédiats dont il dispose pour nous sortir des situations que nous vivons. La victime ne jouera pas sur les faiblesses de l'autre, mais sur les siennes. Elle pourra être flatteuse à l'encontre de l'extérieur, dans un premier temps. Ceci dit, elle verra clairement les qualités des autres, mais pas les siennes. De ce fait, lorsque la situation se présente, son incapacité affirmée aux yeux du Monde justifiera le fait de dire "c'est pas moi, c'est l'autre", ou "je ne ferais pas de mal à une mouche, c'est toi le méchant" ou bien d'autres choses encore. La victime est faible, et elle considère que l'on doit l'aider. L'ego inversé est celui qui se met en place avec cette position : je ne mérite rien, je ne vaux rien, je suis nul, je suis fatigué, épuisé, j'ai pas de chance etc… Il y a bien souvent derrière ces affirmations, l'idée sous-jacente que les autres sont responsables. Cela se joue à des degrés divers bien entendu, et cela peut commencer dans une simple discussion dont on perd le contrôle à cause du comportement de l'autre.


Dans un couple de flamme jumelle, cette position est souvent mise en face du bourreau, et le runner se l'attribue. Le runner ne se met pas dans cette situation pour se faire du mal consciemment, il pourra y venir pour tenter de garder un minimum de contrôle avec et grâce son conscience la plus développée : l'émotionnelle. C'est une position idéale pour faire basculer le Chaser de la position de bourreau à celle de sauveur. Le chaser refuse consciemment et inconsciemment d'entrer dans cette position de victime, ce qui ne l'empêchera pas d'y entrer s'il décide d'aller dans celle du sauveur.


La position de sauveur

Le sauveur est le Superman du trio. Il vole au secours des autres, y compris de ceux qui ne l'ont pas demandé. Il sauve l'autre bien plus pour son propre besoin d'existence, que pour l'intérêt réel de l'autre, et c'est en cela qu'il quitte son costume de super héros. Une fois de plus, comme dans les deux précédentes positions, les peurs sont à l'origine de ce masque de sauveur. "Si j'aide les autres, je contrôle la situation et elle ne risque pas de m'échapper." Cela est une première approche du rôle de sauveur, plus volontiers attribuée au Runner qui sait parfaitement ce qu'il ne veut pas. "L'autres, ou les autres sont faibles ou incompétents, je dois donc les aider pour qu'il y arrivent." Cela est une seconde approche du rôle de sauveur, quand à elle attribuée au Chaser qui sait ce qu'il veut et qui connaît ses intérêts. Les deux polarités d'un couple de FJ sont donc potentiellement présentes dans cette position, mais jamais en même temps dans la relation.


J'associerais volontiers cette position à la conscience spirituelle. En effet, la conscience spirituelle est imprégnée par la bienveillance. Elle est reliée à l'énergie cosmique qui, nous le savons tous, est naturellement bienveillante. Il y a donc cette part de bienveillance à la fois chez le Chaser et chez le Runner. Le premier développera l'altruisme, et le second l'empathie. L'un comme l'autre développeront par cette position répétitive l'ego spirituel, et notamment en cours d'éveil, ce qui aura pour effet de compliquer la relation.


Le triangle infernal, ou triangle de Karpman se met en oeuvre si vite qu'il est, au début tout du moins, tant que l'on a pas totalement conscientisé le phénomène dans son intégralité, impossible à gérer. Les trois consciences sont touchées, nous l'avons vu, et cela va impliquer une augmentation énergétique très forte chez les deux belligérants. La polarité yang va augmenter son feu, et sera verbalement blessant (le bourreau), la polarité yin va se noyer dans l'eau de l'émotionnel, et plonger dans la position de victime. L'amour aidant, comme on peut le croire, la position de sauveur fera son apparition, soit chez l'un pour sauver la victime (devinez lequel…), soit chez l'autre pour consoler, après coup, les remords du bourreau. C'est un cercle vicieux qui s'enclenche par l'une ou l'autre des positions et qui tourne en rond, toujours.

Une fois le processus engagé, ce sont les blessures qui vont être activées. Blessure d'abandon pour le chaser, blessure de rejet pour le runner. Nous devons également comprendre que les blessures secondaires : injustice, humiliation et trahison, seront surtout celles qui seront vécues au cours d'un épisode dramatique. Ce sont elles, bien que secondaires, qui vont activer les deux blessures majeures qui elles, conduiront à la rupture.


Je voudrais ajouter que ce qui se produit à l'extérieur, avec une autre personne ou entre deux groupes de personnes, se passe toujours au préalable à l'intérieur de l'individu. Ce sont les consciences de l'être qui se jettent dans le mécanisme, avec leurs forces et leurs faiblesses. Concrètement, vu des deux polarités, cela donne quelque chose comme ceci :


Vu du chaser : l'intellectuel est omniprésent, donc l'élément feu. Le feu fait bouillir l'eau, donc l'émotionnel. L'action prend feu et devient réaction. Le chaser affrontera la situation pour en sortir vainqueur, coute que coute et quoi qu'il en coute. La poitrine sera en feu, et le verbe brûlant, jusqu'à dire les mots qui tuent, et qui seront immanquablement regrettés. Dans ce processus, on perçoit également l'effet du triangle infernal, mais à l'intérieur. Parce qu'il pense avoir intellectuellement raison, le chaser perçoit le danger pour lui. Il ne peut laisser l'autre lui imposer ce qu'il pense ne pas être juste, et en cela il se fait sauveur de lui-même en étant bourreau de l'autre. Finalement, le chaser devient victime de lui-même.


Vu du runner : l'émotionnel est omniprésent, donc l'élément eau. L'eau affaiblit le feu, donc l'intellect. L'action est noyée au profit de la réaction qui ne peut généralement qu'être corporelle. Il sera très difficile pour le runner de verbaliser correctement ses émotions dans la tempérance et la compréhension immédiate. La boule au ventre sera de plus en plus grosse, à moins que ce ne soit dans la gorge. Finalement, le silence sera le meilleur allié. Dans ce processus, on perçoit toute l'ampleur du triangle à l'intérieur, pour se sauver il pourra fuir, car victime d'une situation qu'il ne comprend pas et dont il n'a pas la maîtrise (ce qui projette l'idée qu'il n'est aucunement responsable), et finalement, il se fait le bourreau de lui-même, mais aussi de l'autre, par sa fuite.


Cette dernière phrase est d'importance. Karpman explique et insiste sur la notion de drame, c'est à dire l'identification d'une situation devenue hors de contrôle. Ce genre de situation semble irrattrapable la plupart du temps. Une personne m'écrivait il y a quelques heures ceci : "J'ai encore dit ses quatre vérités à mon runner, et il a coupé la communication. Je ne suis pas sure qu'il me le pardonne cette fois-ci." Dans cette situation, nous pouvons comprendre que quelque chose a fait dire ces "vérités" à l'autre. Bien que je n'ai pas d'éléments concrets pour dire ici que c'est bien un chaser qui m'a écrit en dehors de ses dires, l'expression suscite quelques explications. Ses quatre vérités est une expression qui parle : les vérités de qui ? De celui qui les dit ou de celui qui les entend ? Cette phrase n'est pas alignée du tout dans les quatre consciences… Qui prétend détenir la vérité de l'autre est déjà en train de manifester une forme d'ego. L'ego, lorsqu'il prend un visage défensif nous plonge systématiquement dans la position du bourreau ou de la victime. L'autre, ayant entendu ses quatre vérités, a coupé la communication, et manifestement, cela n'est pas la première fois. En coupant les ponts, le fuyant s'est senti victime en lui-même, mais s'est transformé en bourreau de l'autre. La position s'est inversée. Lorsqu'une inversion de ce type se produit, il y a généralement drame, et rupture du triangle, mais également de la liaison en 3D. Elle sera plus ou moins durable, mais parfois, entre FJ, elle peut entrainer une rupture durable qui conduira inévitablement à la nuit noire de l'âme.


Le triangle de karpman est une constante dans notre société. Cette constante entraine un déséquilibre systématique, entre les énergies d'un couple, ou dans toute autre forme d'interaction. Il existe des outils concrets pour nettoyer les rouages de la communication, et il est véritablement important de travailler cela pour sortir de toutes formes de manipulation. Pour accéder à la paix en soi et avec le monde, il n'y a qu'une seule solution : ne jamais être dans aucune des trois positions du triangle. Il nous faut être en mesure d'observer le phénomène sans jamais y entrer, ce qui suppose d'avoir la capacité consciente de refuser de le faire.

Prenez soin de vous.

Denis Mourizard

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