Le mal être moderne

Mis à jour : avr. 16

Il ne peut être question d’âge dans le mal être. Cela peut survenir à l’adolescence, se prolonger dans la vie d’adulte, et parfois n’apparaître qu’au-delà de la quarantaine. Une chose est certaine : lorsque la chute est brutale, on se trouve bien souvent démunis face à cette implosion. Une des raisons qui explique pourquoi cet état peut conduire à une totale perte de repère est l’opinion que l’on a de soi vis-à-vis du monde qui nous entoure. Dans une société qui ne tarde jamais à juger le moindre changement, se sentir affaibli évoque bien souvent le risque d’être montré du doigt. Cela est vrai dans le cercle familial, mais aussi dans le cercle amical, ou pire, professionnel.


La société du toujours plus n’aime pas la régression des performances ! Combien de personnes vivent perpétuellement ces montagnes russes qui nous propulsent aux plus hauts niveaux, avant de nous jeter dans les tréfonds de nous-mêmes ? Il n’est pas question ici de développer toutes les potentielles raisons à ce mal être. Elles sont non seulement très nombreuses, mais pourraient surtout tomber dans le résumé simpliste si elles venaient à être décrites en dehors du cadre personnel. Chaque personne étant dotée d’un vécu qui lui est propre, il est aisé de comprendre que ce n’est pas dans ce court texte que nous pourrons y répondre. Le but de ce billet est peut-être de s’adresser à ceux qui à cet instant de leur vie se verraient totalement démunis face à ce qu’il vit. Cela peut être d’ordre personnel, dans une incapacité à se comprendre avec un membre de la famille, ou avec la personne dont on partage la vie. Cela peut être sur le plan personnel, avec une absence permanente d’envie de faire, de vivre et de découvrir. Cela peut encore être sur un plan professionnel, dans un doute permanent quant à la position que l’on occupe, et avec cette sensation de faire chaque jour quelque chose que l’on a plus envie de faire. Dans certains cas, ces différents plans se mélangent, pour finalement créer une situation de vie étouffante. On en arrive donc à un niveau de pression qui demande à être diminué. L’image idéale est celle de la cocotte minute qui aurait perdu sa valve de décompression… Si l’on ne diminue par le feu, l’eau va se vaporiser jusqu’à faire exploser le contenant. Que faire alors ? Que faire quand on n’arrive pas à poser son mental plus de quelques secondes sur une situation à laquelle nous ne trouvons aucune solution ? On a pourtant parlé tant de fois de notre vie, à nos amis, à notre famille. Au final, les amis sont partis, et notre famille a pu montrer, parfois, des comportements blessants, mise en face de sa propre incapacité à régler nos états émotionnels.


Comment juger nos proches qui la plupart du temps font ce qu’ils peuvent ? Je le redis, notre société est bétonnée dans une réalité qui nous pousse à la performance et au devoir d’être fort.

Cela ne peut que conduire à occulter, aux yeux des autres et pire, en nous-mêmes, nos propres incompréhensions. La réponse à toute problématique est bien souvent l’oubli. On met purement et simplement les problèmes sous le tapis. L’inconnue absolue de cette équation insoluble est probablement l’âme. Cette forme de soi supérieur, à laquelle la société actuelle ne croit pas, ou peu, est pourtant là. Il n’est pas besoin d’en faire un objet de culte, ou une forme de connaissance mystique. L’âme est une énergie qui nous conduit à vivre ce que nous vivons, et qui tente par tous les moyens qui sont les siens, d’acquérir de la sagesse de toutes nos expériences. Il arrive donc de plus en plus souvent par les temps qui sont les nôtres que le mental soit perdu dans ses contradictions, poussé par l’esprit (ce qui "au-dessus" du mental), et qui nous appelle à vivre avec légèreté les preuves de notre sagesse naissante.


Parce que dans la réalité des faits, l’être humain a su montrer par le passé, et encore aujourd’hui, sa capacité à surmonter les épreuves.


Certains ont même démontré que des plus grandes blessures pouvait sortir la plus grande sagesse. Je ne parlerais pas de lumière, car ce terme permet toutes les supercheries.

Non, je parle bien de sagesse, donc de compréhension de soi, de compréhension des autres, et de compréhension du monde. Je parle de ce chemin de découverte qui, par la guérison et l’apaisement du coeur, permet d’ouvrir les yeux sur la beauté de ce que l’on possède en nous. C’est une idée fausse que de penser que les grandes dames et les grands hommes de sagesse qu’ait portée l’humanité sont nés ainsi. Ils sont devenus sages, souvent, par la résilience et la transformation de ce qu’ils ont été. Plus la souffrance est haute, plus la guérison est rayonnante dans l’humanité. J’ajoute à cela que toute souffrance importante a bien été permise, soit par une incapacité à se sécuriser, soit par une volonté consciente ou inconsciente. Le parcours vers soi est parfois chaotique, mais l’univers lui-même est né du chaos…


S’il est une chose que je désire porter ici comme une certitude toute personnelle, c’est bien la suivante : la meilleure façon de se perdre dans la forêt est de tourner en rond en essayant de chercher la bonne direction. Il suffirait pourtant de continuer à avancer aussi droit que possible, et quel que soit le cap, pour sortir à un moment ou à un autre, de la forêt. Le mal être est une forêt dense, peuplée de ronciers. Chaque pied de ronces est issu d’une graine. Cette graine est une empreinte laissée dans notre terre par notre passé. Quand on comprend comment pousse un végétal, on comprend comment pousse un traumatisme.


Les traumatismes sont des blessures qui conduisent au mal être, et qui stagnent car elles sont énergétiques.

Elles poussent comme du chiendent, s’enracinant dans une part de nous-mêmes que nous ne sommes pas éduqués à voir, ni à ressentir. Tout comme les ronciers, les blessures du passé piquent et déchirent la chair. Elles immobilisent et empêchent toute progression lorsqu’elles ont atteint un développement suffisant. Il faut alors plonger aux pieds du roncier, mais lentement, prudemment, avec l’aide d’un thérapeute, ou d’un coach. Plonger la tête la première dans les épines ne peut qu’avoir le résultat que l’on sait. Idéalement, accordons-nous un temps pour nous, dans cette vie qui nous promet encore tant de belles choses à vivre. Durant ce temps, écartons chaque ramure d’un roncier, jusqu’à atteindre son pied, et le couper. Petit à petit, roncier après roncier, le chemin sera découvert. Nous laisserons à la vie le temps de reprendre sa place, pour finalement redonner aux ronciers la juste place qui est la leur. Ils pourront alors produire leurs fruits, sucrés et vitaminés. Nous les verrons alors autrement, comme une source de plaisir, mais aussi comme le fruit de notre travail.


Nous sommes les paysagistes de notre vie. En chaque instant, les choses peuvent nous échapper. Nous avons passé tant d'années à entretenir le jardin des autres, que nous avons délaissé le nôtre. Peu à peu, et depuis la plus tendre enfance, le jardin est devenu chaotique. Les eaux stagnantes ont favorisé la colonisation des orties, et les ronciers ont peuplé les espaces ensoleillés. Apprendre la belle taille est la voie.


La voie de la taille est celle qui nous redonne de la vivacité, et ce n’est pas une science, cela est juste une connaissance. À partager.

Notre mal être provient de notre vécu et de nos expériences. Plus précisément, il provient de ce qui n'a pas été compris, car notre attention était ailleurs, dans la nécessité d'être fort et résistant. Pourtant, celui qui est conduit à la sagesse la porte en lui comme un besoin. Comprendre notre vie nous libère de l'avis des autres, et donc du mal être. Au coeur des ronces il y a cette ombre, cette part utile de nous qui nous conduit réellement à mieux nous comprendre.

*Le magnétisme, comme l'énergétique sont soumis à des prérequis sans lesquels l'efficacité est amoindrie. Ils ne dispensent pas, en outre, d'un suivi médical régulier.

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